Budget provincial 17-18 : de nouvelles sommes, un manque d’engagements concrets pour rebâtir le Québec

28 mars 2017 Diffusions

Québec, 28 mars 2017 – Citoyenneté jeunesse était présente au huis-clos du budget provincial à Québec. Nous avons profité de cette journée d’analyse en compagnie des fonctionnaires pour analyser le budget en fonction des demandes que nous avions formulées dans les derniers mois dans plusieurs avis et mémoires.

Faits saillants 

  • D’emblée, il faut mentionner la présentation presque uniquement prospective du budget, qui ne revient que rarement sur les investissements passés. Il est donc difficile d’évaluer les nouveaux investissements par rapport aux dépenses courantes des années dernières.
  • Réinvestissement global dans les ministères, avec une augmentation moyenne de 4,1 % des dépenses de programmes et ce, dans le cadre d’un budget équilibré. Ce réinvestissement ne couvre pas toujours la totalité des coupes des dernières années, cependant.
  • Nous aurions aimé des engagements concrets en jeunesse, dans le cadre de la Stratégie d’action jeunesse et en terme d’équité intergénérationnelle.
  • Toutes les régions, incluant Québec et Montréal, recevront un total de 1,2 G$ dans les 5 prochaines années, et les Îles-de-la-Madeleine pourront profiter d’un 18 M$ additionnel.
  • En éducation, le budget augmente un peu au-delà de l’augmentation globale des programmes, et une grande partie sera réservée à la rénovation des infrastructures et à l’embauche de ressources pour l’aide aux élèves en difficulté.
  • L’enseignement supérieur est un des grands perdants du budget 2017-2018, avec des réinvestissements qui sont en-deçà des coupes des dernières années, beaucoup de financement dédié par projet et une amélioration de l’Aide financière aux études qui provient directement de la poche des étudiants.
  • En immigration, les objectifs sont intéressants avec des sommes dédiées à la rétention des étudiants internationaux, à l’intégration au marché du travail et à la francisation.

La jeunesse

Pour la première fois, un fascicule budgétaire complet est dédié à la jeunesse. Le gouvernement y reprend les annonces faites dans le cadre des dévoilements de la Politique jeunesse et de la Stratégie d’action jeunesse, sans toutefois offrir davantage de détails sur les montants globaux. Nous attendons toujours de savoir comment les sommes annoncées, de 51 M$ en 5 ans pour l’axe Citoyenneté de la Stratégie, seront partagées. Nous saluons l’investissement de la Politique de 4,5 M$ en 5 ans pour les CJE et les jeunes vulnérables et de 7,5M$ pour Forces AVENIR pour les étudiants du secondaire et de l’université, deux moteurs de l’implication jeunesse pour des clientèles bien ciblées, mais nous avons hâte de savoir comment se partagera le reste de l’argent pour l’implication jeunesse au Québec.

Du côté de l’équité intergénérationelle, alors que Citoyenneté jeunesse et ses partenaires demandent des investissements concrets en conciliation travail-études-familles, ce principe est énoncé comme prioritaire dans la Stratégie gouvernementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2016-2021, qui recevra cette année 4 M$. D’autre part, alors que le gouvernement prévoie un versement de 2,5 G$ dans le Fonds des générations, la baisse globale des impôts de 1 G$ n’annonce pas de grande marge de manœuvre pour le futur.

 

Les régions

Le développement régional, une autre pierre d’assise de l’action locale des forums jeunesse, est la cible d’un plan pluriannuel de développement. 1,2 G$ seront injectés dans le développement économique des régions dans les 5 prochaines années, dont 522 M$ dédiés directement aux régions pour la prise en charge de leur développement économique. 18 M$ additionnels sont prévus dans les 5 prochaines années pour donner un appui aux habitants et PME des Îles-de-la-Madeleine, pour bonifier l’aide fiscale aux habitant et la déduction des coûts de transports pour les PME. Après des coupes dans le transport en commun dans les dernières années, le gouvernement annonce également un retour de 2 M$ par année pour le financement du transport en commun dans les régions.

 

Éducation

Tel que demandé dans notre mémoire pour la réussite éducative, le gouvernement réinvestit dans les infrastructures désuètes du réseau des écoles primaires et secondaires. Cependant, plutôt que d’améliorer à la base l’aménagement pour créer des environnements favorables à l’apprentissage, les 400 M$ additionnels investis en 5 ans seront dédiés à la rénovation et la réparation d’infrastructures existantes. 400 M$ additionnels en 3 ans sont réservés pour l’agrandissement des écoles : il est primordial que ces travaux se fassent en ayant à cœur de créer des milieux d’étude stimulants.

De plus, Citoyenneté jeunesse proposait d’améliorer l’accompagnement pour les élèves en difficulté : cette année, 190 M$ seront débloqués pour l’accompagnement des élèves tout au long de leur parcours.

Dès septembre, 1500 employés additionnels seront ajoutés au réseau primaire et secondaire, grâce à une augmentation moyenne des dépenses de 4,4%, au-dessus de l’augmentation globale de 4,1% gouvernementale.

 

Enseignement supérieur

Du côté de l’enseignement supérieur, 100 M$ sont prévus en réinvestissement global pour le réseau. De ce total, une augmentation des financements généraux de 29 M$ dans les universités et 12 M$ dans les cégeps permettra d’embaucher… 500 personnes supplémentaires. Après les coupes majeures des dernières années, le reste du financement gouvernemental est dédié à quelques initiatives précises et ne répond pas aux demandes de réinvestissement massif dans le réseau sous-financé de l’enseignement supérieur. Par exemple, 20 M$ seront dédiés pour l’aide à la réussite, y compris pour les clientèles vulnérables, les étudiants autochtones, et les étudiants immigrants. Bien qu’il s’agisse là d’un objectif louable et souhaité, l’attache spécifique du financement à des projets ne permet pas de pérenniser la mission de nos établissements d’enseignement supérieur.

De la même manière, le gouvernement annonce 43 M$ cette année, puis 80 M$ récurrents dans l’Aide financière aux études (le programme de prêts et bourses) en plus de l’indexation des coûts de système, mais ce montant provient directement de la poche des étudiants à la suite de l’abolition du crédit d’impôt fédéral pour études.

 

Immigration

Citoyenneté jeunesse, depuis deux ans, milite pour des améliorations concrètes en immigration : il faut augmenter le financement des cours de francisation, préciser la reconnaissance des acquis et compétences et augmenter la rétention des étudiants internationaux. Le budget 2017-2018 du gouvernement fait écho à la plupart de nos préoccupations.

Avec une augmentation globale du budget du ministère, dont les revenus consolidés passent de 399 M$ à 542 M$ cette année, on note :

  • 25,7 M$ soutenir l’intégration des personnes immigrantes au marché du travail, dont 4,5 M$ pour commencer l’élaboration d’un guichet unique de reconnaissance et développer des outils pour mieux diriger, conseiller et reconnaître les compétences des personnes immigrantes. Cela permettra, espérons-le, de contourner les difficultés récentes pour les conseillers en immigrations dans les établissements postsecondaires, qui ont vécu un resserrement des contraintes entourant leur reconnaissance légale l’année dernière.
  • 1,5 M$ pour l’attraction et la rétention des étudiants internationaux
  • 15,5M$ en francisation pour augmenter de 20% la compensation financière hebdomadaire des participants, faire une étude de faisabilité d’un guichet unique en cours de francisation et bonifier l’appui à la francisation en milieu de travail. Pour Citoyenneté jeunesse, il aurait cependant été souhaitable de miser davantage sur l’amélioration de l’offre des cours en francisation par une augmentation du financement pour ceux-ci.

Pour plus de détails
Florence Côté, présidente
presidence@citoyennetejeunesse.org
(418) 561-5992